Par David, le 2 février 2022 - 10 min de lecture

Facture impayée : que faire si un client ne paye pas ?

Une facture impayée est plus qu'un simple contretemps. C'est un véritable obstacle qui peut entraver la croissance de votre entreprise, que vous soyez à la tête d'une start-up innovante à Paris, d'une micro-entreprise dans les Hauts-de-Seine, ou que vous exerciez en tant que travailleur indépendant.

Cette situation peut avoir des conséquences fatales, allant du manque de trésorerie à l'insolvabilité complète. D'où l'importance de connaître les démarches à suivre et les précautions à prendre pour se prémunir contre ce risque. Alors, comment faire face à une facture impayée ? Quelles sont les procédures de recouvrement à mettre en place ? Et comment relancer un client débiteur sans porter atteinte à votre relation commerciale ?

La prévention, le premier rempart contre les impayés

Avant même de vous pencher sur la question du recouvrement, il convient de s'attarder sur les mesures préventives qui permettent de limiter le risque d'impayé. Ces précautions concernent principalement la relation commerciale avec vos clients, l'établissement des factures et la gestion de votre trésorerie.

Un client bien connu est un risque maîtrisé

La connaissance de votre client est une première étape cruciale. C'est pourquoi nous vous recommandons de vous renseigner sur vos nouveaux clients. Les détails des comptes publiés en ligne, la prise d'informations auprès de contacts en communs, ou encore la consultation de la Banque Centrale Européenne peuvent vous aider à obtenir des informations précieuses.

Certaines entreprises sont, par exemple, connues pour leur retard dans la gestion de leurs paiements en direction des prestataires.

Un processus de facturation rigoureux

La rigueur dans la gestion de vos factures est également essentielle. La facture est le document justificatif par excellence de la transaction commerciale, et son émission doit respecter certaines règles. À ce titre, n'oubliez pas d'y mentionner la date limite de paiement, ainsi que les conditions de retard ou de défaut de paiement. La facture doit être délivrée à la date d'échéance du paiement, et son envoi doit être attesté par un moyen de preuve (un accusé de réception par exemple).

Des provisions pour faire face aux imprévus

Enfin, la mise en place d'une trésorerie suffisante, notamment à travers des provisions, peut vous aider à surmonter les périodes délicates. Un imprévu peut rapidement affecter votre trésorerie et mettre en péril votre activité, surtout dans le cas des petites et moyennes entreprises (PME) ou des travailleurs indépendants. En prévoyant une provision pour créances douteuses, vous vous assurez une certaine sécurité en cas d'impayé.

Le recouvrement amiable : la première étape en cas de facture impayée

Malgré toutes ces précautions, le risque zéro n'existe pas et vous pouvez vous retrouver face à un client qui ne paie pas sa facture. Dans ce cas, la première étape consiste à relancer votre client.

Le processus de relance débute par l'envoi d'une première lettre de relance. Cette dernière doit rester courtoise et comprendre toutes les informations nécessaires pour rappeler au client ce qu’il doit : référence de la facture, montant dû, date d'échéance dépassée, et invitation à régler la facture dans les plus brefs délais.

L’émission d'une relance de facture impayée doit respecter un délai. Le délai de paiement de la facture commence à courir à partir de sa date d'émission. Après cette date, l'entreprise créancière peut entamer une procédure de recouvrement amiable en envoyant une lettre de relance à son client.

La lettre de relance n'a pas de valeur juridique en soi, mais elle constitue une preuve de votre diligence et de votre bonne foi. De plus, elle s'inscrit dans une démarche de préservation de la relation commerciale avec votre client. En effet, il peut arriver que l'impayé soit simplement le résultat d'un oubli ou d'un problème administratif de la part du client. Dans ce cas, une simple relance peut suffire à débloquer la situation.

Néanmoins, par contre peut être que la relance n'ait pas l'effet escompté. Dans ce cas, une seconde relance peut être envoyée. Cette dernière doit être plus ferme et rappeler au client les conséquences de son défaut de paiement, à savoir les pénalités de retard prévues par le contrat ou par la loi.

La mise en demeure : un outil juridique pour inciter au paiement

Si malgré vos relances, le client ne paie toujours pas sa facture, vous pouvez envoyer une lettre de mise en demeure. Cette dernière revêt un caractère plus officiel et permet de passer à une étape plus contraignante du recouvrement.

La lettre de mise en demeure est un courrier officiel par lequel le créancier demande formellement au débiteur de payer sa dette. Cette lettre doit être envoyée par courrier recommandé avec accusé de réception pour avoir une valeur juridique. Elle doit mentionner le détail de la créance (montant, nature, date d'échéance), la référence aux relances précédentes, les pénalités de retard, et un délai pour régler la dette (généralement 8 jours).

La mise en demeure a plusieurs avantages. Elle constitue un dernier avertissement avant le passage à la procédure judiciaire, ce qui peut inciter le débiteur à payer. De plus, elle interrompt la prescription de la créance, c'est-à-dire qu'elle empêche le délai après lequel le créancier ne peut plus agir en justice pour récupérer sa créance de courir. Cependant, l'envoi d'une mise en demeure ne garantit pas le paiement de la dette. Si le débiteur ne paie toujours pas après réception de la mise en demeure, il faut passer à la phase de recouvrement judiciaire.

Recouvrement judiciaire : Quand le tribunal intervient

Lorsque les relances et la mise en demeure restent sans effet, l'entreprise créancière peut décider de porter l'affaire devant les tribunaux pour obtenir le paiement de la facture impayée. Cette phase de recouvrement judiciaire nécessite souvent le recours à un professionnel du droit, tel qu'un avocat ou un huissier de justice.

L'injonction de payer : une procédure rapide et efficace

La procédure d'injonction de payer est souvent la première étape du recouvrement judiciaire. Elle permet d'obtenir rapidement un titre exécutoire, c'est-à-dire un document officiel qui atteste de la dette du client et qui permet de mettre en œuvre des mesures de recouvrement forcées.

Pour demander une injonction de payer, il faut déposer une requête auprès du tribunal compétent (Tribunal de Commerce, Tribunal Judiciaire, etc.). Cette requête doit contenir toutes les informations sur la créance (montant, nature, date d'échéance) et être accompagnée des pièces justificatives (facture, bon de commande, lettre de relance, mise en demeure, etc.).

Si le juge accepte la requête, il délivre une ordonnance portant injonction de payer. Le débiteur dispose alors d'un délai d'un mois pour s'y opposer. Si le débiteur ne s'oppose pas, le créancier peut demander de rendre l'ordonnance exécutoire. Il dispose alors d'un titre exécutoire et peut procéder à des mesures de recouvrement forcées.

L'assignation en paiement : une procédure plus lourde, mais plus efficace

Si l'injonction de payer reste sans effet ou si la créance est contestée par le débiteur, vous pouvez recourir à une assignation en paiement. Cette procédure est plus lourde et plus coûteuse, mais elle permet d'obtenir un jugement en bonne et due forme.

L'assignation en paiement est une action en justice par laquelle le créancier demande au juge de condamner le débiteur à payer sa dette. Ceci nécessite l'intervention d'un avocat et se déroule en plusieurs étapes : l'établissement de l'assignation par l'avocat, la signification de l'assignation au débiteur par un huissier de justice, l'audience et enfin le jugement.

Si le juge donne raison au créancier, il rend un jugement qui le condamne à payer sa dette. Ce jugement est un titre exécutoire et permet de mettre en œuvre des mesures de recouvrement forcées.

Le référé-provision : une procédure d'urgence pour les créances incontestables

Si la créance est incontestable et que l'urgence justifie une intervention rapide du juge, n’hésitez pas à recourir à une procédure de référé-provision. Le référé est un procédé d'urgence qui permet d'obtenir rapidement une décision du juge.

La procédure de référé-provision est réservée aux créances dont l'existence ne fait aucun doute. Le juge peut alors ordonner au débiteur de verser une provision, c'est-à-dire une somme d'argent destinée à couvrir tout ou partie de la créance.

Comme pour l'assignation en paiement, la procédé de référé-provision nécessite l'intervention d'un avocat et se déroule en plusieurs étapes : l'établissement de la requête par l'avocat, la signification de la requête par un huissier de justice, l'audience et enfin l'ordonnance de référé.

Le recouvrement forcé : lorsque l'huissier de justice intervient

Si malgré le titre exécutoire, il ne paie toujours pas sa dette, le créancier peut faire appel à un huissier de justice pour procéder à des mesures de recouvrement forcées. Ces mesures peuvent prendre plusieurs formes : saisie sur salaire, saisie de compte bancaire, saisie de biens mobiliers, etc. L'huissier de justice a le pouvoir de forcer le débiteur à payer en saisissant ses biens ou ses revenus.

Notez que ces mesures sont soumises à des conditions strictes et nécessitent l'intervention d'un huissier de justice. De plus, elles ne peuvent être mises en œuvre qu'après l'obtention d'un titre exécutoire.

Le recouvrement des factures impayées est un processus complexe qui nécessite une bonne connaissance des procédures de recouvrement et de la réglementation en vigueur. Il est souvent préférable de se faire accompagner par un professionnel du droit pour assurer le succès de ces démarches.

Vous devriez lire aussi : Freelance : comment déterminer vos tarifs ?

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